Carrera Panamericana

 

Raphaël van der Straten : « Une expérience extraordinaire… »

 

VDSDu 21 au 27 octobre, Raphaël van der Straten a repoussé toujours plus loin sa découverte des épreuves de légende en sport automobile, en prenant part à la mythique Carrera Panamericana mexicaine, qui plus est au volant de la Studebaker dix fois lauréate de cette course, bolide désormais aux couleurs de VDS Racing Adventures.
En compagnie d’Eric Werner, le pilote belge savait qu’il avait tout à apprendre, et de Huatulco à Zacatecas, il n’a pas eu assez de ses deux yeux pour en profiter…

« Certains ont envie d’aller sur la lune pour se changer les idées, et bien, je ne peux que conseiller aux passionnés de sport auto qui veulent vivre autre-chose de participer à cette Carrera Panamericana, explique Raphaël. C’est vraiment une expérience extraordinaire, un évènement à l’incroyable popularité. Surtout quand vous êtes au départ au volant de cette Studebaker à la très riche histoire. Les paysages rencontrés sont magnifiques, et il faut sans cesse rester attentif. On roule sur des routes fermées, certes, mais elles restent dangereuses. Aux yeux de certains, ce genre de course peut sembler déraisonnable, mais il faut savoir que nous sommes en permanence encadrés par une escorte de Fédéraux. Ce qui n’a pas empêché quelques équipages de se faire de vraies frayeurs, mais tout s’est relativement bien terminé. On a malgré tout retrouvé des Argentins au fond d’un ravin de 300 mètres, une Mini a fait des tonneaux, des Suédois ont été victimes d’une solide collision sur une spéciale neutralisée, tandis que le Hollandais Michiel Campagne, dont j’ai fait la connaissance, a effectué des tonneaux le premier jour ! Ce qui est magique, c’est que chacun tente de continuer, d’aller jusqu’au bout, même en n’étant plus classé. C’est ainsi que Campagne était présent avec sa Corvette à l’arrivée de Zacatecas. La voiture avait été plus ou moins remise sur ses roues, mais l’important, c’est de prendre part à la fête à l’arrivée de la course… »

Quant au duo van der Straten-Werner, il allait monter en puissance dès les premières étapes.

« Au début, tout le monde nous prenait un peu pour des extraterrestres avec cette voiture. Pensez donc, des débutants au volant de LA Studebaker de la Pan-Am’, cela pouvait prêter à sourire. Quand nous étions en 12ème position, après la première étape, certains nous saluaient. Puis nous nous sommes retrouvés 5èmes, et là, les autres concurrents commençaient sérieusement à s’intéresser à notre sort. Nous avons continué à rouler à un rythme soutenu, pour accéder à la 3ème place provisoire. Et là, ce sont les organisateurs qui sont venus nous féliciter. Apparemment, en 20 ans, ils n’avaient jamais vu des Rookies revendiquer le podium général. Sympa… »

Dans l’étape entre Morelia et Guanajuato, la Studebaker VDS Racing Adventures perdait hélas pas mal de temps en échouant dans les bas-côtés, à la sortie d’un droite rapide.
Ne restait plus à Raphaël et Eric de tenter de reprendre quelques places au général…

« C’est alors que j’ai commis le péché d’orgueil, reconnaît van der Straten. La dernière spéciale de l’avant-dernière journée de course consistait en 8 tours d’un circuit ovale, à Aguascalientes. J’étais persuadé de pouvoir faire un truc sur cette piste. Mon objectif était de prendre le meilleur sur le Mexicain Michel Jourdain Jr, sur une autre Studebaker, qui roulait juste devant moi. Il s’agit, en toute simplicité, d’un ancien pilote IndyCar et NASCAR aux Etats-Unis. Il connaît donc la musique sur ce genre de circuit. Nous sommes montés assez haut sur l’ovale, afin de gagner de la vitesse. Hélas, la piste était très sale à cet endroit, et la voiture a décroché, pour finir sa course dans le mur ! Nous sommes repartis au ralenti, la Stud’ ayant plus ou moins mal digéré l’impact, et nous avons achevé la spéciale dans un gros nuage de fumée. Sous les acclamations de la foule, bien sûr… Mais l’équipe Vega, qui assure la préparation de la voiture, a constaté que le bloc moteur avait reculé, et l’abandon était inévitable. Dommage, bien sûr, mais l’important, pour une première participation, c’était d’apprendre un maximum de choses. Nous avons été servis… Le lendemain, j’ai été voir les concurrents passer en spéciale, et à l’exception de Doug Mockett et Ricardo Trivino, finalement séparés par 3 petites secondes à l’arrivée, les autres attaquent sans prendre tous les risques. Nous avons en permanence roulé à 90% des possibilités de notre voiture. C’est un peu trop, surtout pour une première fois… Il nous faudra l’an prochain adopter un rythme un peu plus conservateur pour espérer aller au bout. Ce podium final, il était pour nous… C’est le Français Hilaire Damiron, qui réside au Mexique, qui s’en est emparé. Nous avons donc une revanche à prendre… »

Ce qui signifie que dans moins de douze mois, Raphaël van der Straten sera de retour au départ de la Carrera Panamericana…

« Nombreuses sont les personnes qui m’ont proposé de racheter la Studebaker qui a permis à Carlos Anaya et Pierre de Thoisy de totaliser 10 victoires dans cette épreuve, sourit Raphaël. On m’a même dit que cette voiture devait rester ‘mexicaine’ ! Mauvaise nouvelle pour tous ces fans : cette Studebaker ne sera plus jamais à vendre. C’était un de mes rêves, je l’ai concrétisé en faisant l’acquisition de ce bolide. Et pas question de le laisser croupir dans l’atelier de chez Vega, au Mexique. L’an prochain, je serai donc de retour au départ de cette course, afin de concrétiser un top 3. Les Mexicains vont donc la revoir en action, cette Studebaker, qu’ils se rassurent ! Je serai également au départ d’une épreuve similaire, le Chihuahua Express, qui a lieu à la fin mars. L’an dernier, les hommes forts de cette course ont été Doug Mockett, sur son Oldsmobile, et… Michel Jourdain Jr, sur Studebaker. Le combat va pouvoir reprendre, même s’il me faudra aussi commencer par découvrir cette course de 1670 kilomètres, dont 540 contre le chronomètre. Le tout réparti sur trois jours. D’ici-là, la Studebaker VDS Racing Adventures sera remise en état. Je me réjouis. Ah oui, la Carrera Panamericana, c’est aussi une ambiance fabuleuse, notamment au sein de la petite colonie belge. Nous avons passé des moments très agréables avec Marc Devis, Roland de Bargigli, Christian Dumolin et leurs équipiers respectifs. Ce sont finalement Christian Dumolin et Christophe Van Riet, sur Ford Falcon, qui ont été les meilleurs Belges à l’arrivée, bravo à eux ! »


(Vincent Franssen)

 

VDS Racing Adventures
Images libres de droit - Cliquez pour agrandir